Samedi en fin d’après midi, 13000 personnes se sont rassemblées pour accueillir Arnaldo Otegi, le dirigeant de la gauche indépendantiste basque. Il est sorti de prison le mardi 1 mars après 6 ans et demi, accusé par l’Audiencia Nacional (tribunal d’exception espagnol) de vouloir remonter un parti politique suite aux différentes interdictions d’organisations dont Batasuna.

Dans une ambiance chargée d’émotion des acteurs du milieu culturel basque, des intervenant-es politiques et sociaux de la gauche basque et des vidéos retraçaient l’histoire des 40 dernières années de la lutte indépendantiste et rendaient hommage aux victimes de la répression et aux militants historiques vivants et disparus.

Un soutien internationnal est aussi présent avec notamment un discours par vidéo de Gerri Adams du Sinn-Féin, de l'ancien president ANC d'Afrique du Sud,des organisations palestiennes et de nombreux pays d'Amérique du Sud, des indépendantistes de l'Etat espagnol.

 

Durant près de 50 minutes, Arnaldo Otegi, grand tribun humain et cohérent dans sa lutte, a rappellé la nécessité de la construction d'un projet indépendantiste de gauche qui suive un agenda populaire. Il met en évidence la répression des Etats espagnol et français sur le non-respect du droit à l'autodétermination du peuple basque.

Il dénonce l'indécence de l'Etat à laisser les inégalités sociales s'accroître, les violences faites aux femmes, les expropriations par les banques des victimes de la crise, les agressions du territoire et les grands projets inutiles. Une même indécence de la part des « démocraties » européennes sur la gestion des réfugié-es (accueillies par des barbelés, des gaz lacrymo, des balles en caoutchouc...).

Aprés les critiques de personnes de la caste politique espagnole, il répond :

«L'autocritique nous la devons au peuple car nous sommes le peuple. Nous ne sommes pas des politiques, nous sommes des militants politiques ce qui n'est pas la même chose.».Etre pour la rupture avec le pouvoir central, ce n'est pas être contre les peuples de l'Etat espagnol, car des travailleurs venus de toute la péninsule ont participé la construction du pays basque. Arnaldo Otegi citant un célèbre slogan basque de l'ANV (organisation progressiste antifasciste de la guerre civile) : « l'important n'est pas d'où nous venons, mais où nous allons »militants de Libertat avec Pablo Gorostiaga à la sortie du vélodrome, 8 ans de prison pour être membre du comité d'administration du journal EGIN interdit par le pouvoir espagnol et libéré en 2015.

 

Quant aux prisionniers politiques, il fait l'analyse : « Ils sont militants d'un projet politique. Nous ne luttons pas parce qu'il y a des prisonnier-es. Il y a des prisionnier-es parce que nous luttons ».

 

Aprés un possible essoufflement, un meeting de cette qualité redonne à ceux qui y ont assisté la force et l'enthousiasme de continuer la lutte. Le peuple est le protagoniste de ce processus vers l'indépendance et le socialisme du Pays Basque.

Un « Pays Basque rouge » pour le peuple et fait par le peuple.

 

Libertat !

 

Le meeting est visible sur ce lien : http://www.naiz.eus/fr/mediateca/video/acto-completo-de-recibimiento-a-otegi-en-el-velodromo.

 

http://www.naiz.eus/fr/mediateca/video/intervencion-de-otegi-en-el-velodromo